I] Comment la ville subit-elle la crise ?

a) Joigny : ville à dominante rurale

En 2007, Joigny, subissant les différentes réformes politiques et la crise, est érigée comme « ville martyre ». Elle est en effet, l’une des villes ravagées par la RGPP établie sous le mandat de M. Sarkozy, ne disposant plus des mêmes apports financiers, sur un point de vue public.

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Bien que le terme ait quasiment disparu, la ville de Joigny peut être considérée comme un « bourg rural », elle remplit en effet les conditions énoncées par les géographes univertaires reconnus : Roger Brunet et Jean Renard. Ces derniers définissent respectivement un bourg rural comme « Entre ville et village, une petite agglomération qui se distingue des villages vosins par la tenue régulière d’un marché, par des magasins et des services élémentaires », et « villes qui ont entre 5 000 et 20 000 habitants ». Or, étant ville-centre de communes telles que Chamvres, Looze, et comptant 10 353 habitants, Joigny représente un bourg rural.

Sa situation de ville à dominance rurale lui vaut donc un attrait moins important qu’une ville à dominance urbaine ainsi qu’une aide financière de l’Etat moindre.

b) Une économie affaiblie

Ces dix dernières années, la ville a connu des pertes hospitalière, judiciaire et économique. Les service de maternité et de chirurgie ont été fermés en 2000, à l’hôpital de Joigny. De plus, les tribunaux de Commerce et d’Instance, ainsi que le commissariat de police ont fermé leurs portes en 2004. En effet, 550 emplois publics ont été révoqués, causant alors le départ de 10% de la population ainsi que la perte d’apport financier de l’Etat. Effectivement, l’armée se fournissait localement et investissait donc 650 000 € chaque mois, de plus ces nombreuses fermetures ont entraîné la déclassement fiscal de la ville.

En 2008, l’entreprise BIC, produisant des stylos plumes stypen, a été délocalisées dans le Pas-De-Calais. Leurs entrepôts ont par la suite été utilisés par l’entreprise Strulik, cependant, cette dernière a fait faillite, et depuis, aucune autre ne l’a remplacé.

Enfin, la piétonisation du centre de la ville a empêché l’accès des véhicules motorisés, et donc, a dissuadé les habitants, désireux de stationner aux pieds des commerces, de s’y rendre. Le centre de la ville avait déjà connu une perte de fréquentation due à une explosion dans la rue Gabriel Cortel. 

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c) Sa population

La ville compte 10 353 habitants en 2011 formant alors 4279 ménages, parmi eux, 0,3% proviennent de la migration dans l’Yonne entre 1982 et 2011.

Entre 2006 et 2011, la population a diminué, en moyenne de 0.3% par an, car en effet, la fermeture du groupe géographique en 2010 a causé le départ de 400 familles.

La ville de Joigny connaît également un important taux de chômage : au sein de sa population active, 18.8% d’individus n’ont pas d’emploi. Tandis que, l’Yonne compte 12.6% de chômeurs et la France seulement 8.7% de chômeurs au sein de sa population active.

Joigny située à 1h15 de Paris, a une position favorisant la périurbanisation : les ménages parisiens les plus démunis viennent y vivre, les loyers étant moins élevés en province qu’aux environs de la capitale. Cependant, ces ménages pauvres causent l’instauration de la délinquance au sein des quartiers les plus pauvres de la ville.

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